Monuments, cimetières et lieux d'histoire
Huit lieux qui témoignent du sacrifice et de la mémoire collective à Neuville-Saint-Vaast.
Représentant la main et l’avant-bras d’un soldat émergeant des ruines et élevant un flambeau, ce monument est érigé à Neuville-Saint-Vaast, à l’entrée de la « Cité des mutilés » (intersection des chemins départementaux no. 937 et no. 49).
La plaque sculptée sur le poignet porte l’inscription : « Neuville Saint Vaast, 9 mai 1915 » (date du déclenchement de l’offensive française pour reprendre le village).
Construit en 1930 et inauguré en 1932, le monument symbolise la résurrection de Neuville-Saint-Vaast après la grande guerre de 1914 à 1918. Le monument est l’œuvre du sculpteur Charles Yrondy (1885-1960) ; certaines sources citent aussi M. Rafour.
Pour matérialiser les ruines de notre village, des pierres blanches ont été amenées au pied du monument. Celles-ci provenant des décombres des maisons du village.
Sur l’une des pierres a été scellée une plaque en bronze portant gravés ces vers d’Emile Poiteau (datés du 2 octobre 1932) :
« O, vivants, qui passez auprès de ce flambeau,
Qui dresse symbole aux champs des hécatombes,
Attardez vos regards sur ce sol plein de tombes,
Et songez à nos morts, dont le cœur était beau. »
Situé au lieu-dit « le cagin », sur la route d’Arras (chemin départemental 49), ce monument a été édifié par la famille Leuregans à la mémoire de l'aspirant Augustin Leuregans, disparu à l’âge de 18 ans au cours de la Grande Guerre de 1914-1918.
Immobilisés dans un abri semi-souterrain, sous la menace d’un bombardement intense de l’armée allemande, les territoriaux français, soldats d’un certain âge, hésitaient à se lancer à l’attaque. Pour les décider, l’aspirant Leuregans lança alors cet appel :
« Allons, mes vieux papas, vous n’allez pas laisser votre enfant mourir tout seul ? ».S’élançant hors de l’abri, il fut tué aussitôt et disparut à jamais. En tout cas son appel galvanisa ses vieux territoriaux qui, à leur tour, se lancèrent dans la bataille.
L’église Saint-Laurent fut totalement détruite lors de la Première Guerre Mondiale. Les architectes J. de Saint-Maurice et H. Philippe remplacèrent l’ancienne église de style flamboyant par une vaste construction néo-gothique qui fut inaugurée le 14 juin 1925 par Monseigneur Julien, en présence du général de Castelnau.
Les vitraux de l’église représentent le martyre de saint Laurent.
Le souvenir des événements sanglants pesa sur le programme iconographique :
• baie 0 : vues du cimetière de Lorette et de la tour de l’ancienne église de Neuville-Saint-Vaast
• baie 1 : apparition du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque
• baie 2 : apparition de la vierge à Sainte Bernadette
• baie 3 : Sainte Geneviève, Sainte Ide
• baie 4 : Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc
• baie 5 : baptême de Clovis en présence de Saint Vaast
• baie 6 : fondation de Montréal à Notre-Dame de Paris par J.-J. Olier et J. de La Dauversière, 1640
• baie 7 : saint Éloi, saint Martin
• baie 8 : Saint Vincent de Paul, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.
Pendant la reconstruction de l’église, la commune de Neuville-Saint-Vaast reçoit 3 nouvelles cloches, baptisées le 26 novembre 1922 par Monseigneur Julien :
• la première « Jeanne-Firmin » appelée aussi « oiseau de France » qui chante l’alléluia de la résurrection de Neuville-Saint-Vaast donne le Fa dièze.
• la deuxième « Germaine-Edouard » a été offerte à la mémoire des défenseurs, des libérateurs et des enfants du village tombés au champ d’honneur. Elle donne le Sol dièze.
• la troisième « Clémence-Pierre » remplace « Marie-Thérèse » brisée sous les ruines et donne le La dièze.
Situé au centre du cimetière communal, il représente un soldat mourant appelant le Christ.
Sur les murs qui l’entourent sont gravés les noms des enfants de la commune morts pour la France, ainsi que les numéros et titres de tous les régiments français, canadiens et alliés qui ont combattu pour la délivrance de la commune.
Lieu-dit, à proximité du bois canadien, entourant autrefois un ensemble de peupliers plantés par M. Aimé Ségard.
Ainsi, malgré les dévastations engendrées par la guerre, une des racines parvint à se développer pour donner vie à «l’arbre Ségard».
Aujourd’hui, le lieu-dit existe toujours mais l’arbre si célèbre fut détruit lors de la construction de l’autoroute, faisant disparaître un vieux souvenir d’une autre génération.
Situé au 14 rue de la paix, le cadran solaire indique l’heure d’après la projection de l’ombre d’un style éclairé par le soleil. Toutefois pour connaître l’heure exacte il vous faudra tenir compte du décalage avec l’heure légale (2 heures en été, 1 heure en hiver).
Le cadran est aussi calendrier car les lignes bleues tracées sur le damier jaune et blanc sont les courbes suivies par l’ombre de la pointe du style, au cours de la journée, à une époque donnée.
Ainsi, l’entrée du soleil dans l’un des signes du zodiaque détermine la date : capricorne en décembre, verseau en janvier etc.
La devise suggère que toute heure de notre vie peut être marquée, meublée, par un acte de charité ; sa traduction est :
« Toujours de service pour rendre service car le bonheur, c’est d’en donner ».Ce cadran est l’oeuvre de Monsieur P. Acloque et de Madame MT Lorthioir.
Monument situé dans la rue de Prague, à la mémoire des milliers de soldats tués pendant la guerre.
Deux mots inscrits dans la pierre nous rappellent notre passé :
« Souviens-toi »
Le cimetière tchécoslovaque et le monument aux morts polonais se font face sur la route principale un peu avant d’entrer dans la commune.
Ces monuments témoignent du sacrifice des soldats volontaires de ces pays.
Musées, cimetières et lieux chargés d'histoire autour de Neuville-Saint-Vaast.
Ouvert en 1987 face au Flambeau de la Paix, le musée militaire de la Targette était le premier site du « Musée vivant 14-18 » de David Barbiaux, qui présentait plus de 4 500 pièces de collection des deux guerres mondiales.
Il a fermé ses portes fin 2025, en même temps que le second site du musée, à Notre-Dame-de-Lorette ; la collection a été mise en vente.
Pour comprendre les combats de l'Artois, le Mémorial'14-18 Notre-Dame-de-Lorette, à Souchez (5 km), est gratuit.
Les cimetières français et anglais de la Targette couvrent près de 50 000 m² et présentent près de 9 300 tombes individuelles (croix et stèles blanches) alignées. Plus de 12 600 soldats y reposent (12 010 dans la nécropole française, 641 dans le cimetière britannique).
Dans le cimetière français repose Henri GAUDIER-BRZESKA, tué à Neuville le 5 juin 1915 à l'âge de 23 ans, sculpteur précurseur du Vorticisme.
Pour retrouver trace de parents ou amis disparus durant les guerres : Sépultures de guerre · Mémoire des hommes
C'est le plus grand cimetière allemand de la Grande Guerre en France : 44 888 soldats y reposent, dont 8 040 dans une fosse commune, sous des croix noires.
Neuville est au cœur d'un ensemble de lieux de mémoire exceptionnel : le mémorial canadien de Vimy, la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette et l'Anneau de la Mémoire, le Centre d'histoire de Souchez, la carrière Wellington à Arras… Ils sont présentés, avec le patrimoine minier et le Louvre-Lens, sur le site Des terrils à la mer (lens-tourisme.fr).
Le labyrinthe est en fait constitué des fortifications permanentes construites par les Allemands pendant la première guerre mondiale et s’étendant d’Ecurie à Neuville.
C’est un amoncellement de sacs de terre et de ciment qui formaient des kilomètres de tranchées et de boyaux s’entrecroisant en tous sens, se prolongeant sous terre par de profonds abris, défendus par des canons sous coupoles et, à tous les 25 mètres, par des mitrailleuses, flanqués de fortins et de blockhaus bétonnés, protégés par des réseaux de fils de fer barbelés en rangs serrés et épais.
Autrefois, le monument du flambeau de la paix était précédé d’une arche de béton monumentale qui marquait l’entrée de la Cité des Mutilés construite dans le cadre de la loi Loucheur en 1928.
Quand furent constitués les cimetières nationaux, des gardiens furent nommés pour la surveillance et l'entretien des tombes, emplois réservés à de grands mutilés. Ces braves gens se rendirent à leur poste avec leur famille mais ils n'avaient guère réfléchi aux moyens qu'ils auraient de se loger dans les villages en ruines où les maisons que l'on construisait étaient destinées aux habitants revenus chez eux. Pas de place pour les étrangers, il faudrait donc qu'ils se débrouillent, ce qu'ils firent. Les uns purent aménager et occuper des baraquements qui avaient servi au cantonnement des troupes, les autres durent aller chercher des poutres, des planches et des tôles pour se bâtir un abri. En été il y faisait trop chaud et l'hiver il y gelait, des gosses moururent. A Neuville-Saint-Vaast cette situation détermina un homme de grand coeur, Ernest PETIT, à mettre à exécution un projet qu'il avait préparé: construire au coeur des grandes nécropoles. Il créa une société d'habitations dont il fut l'animateur et le bienfaiteur puisque les maisons qui s'élevèrent peu à peu furent cédées à leurs heureux propriétaires au cinquième de leur valeur avec toutes les facilités de paiement.
Il y a là, Cité des Mutilés, seize pavillons, qui, tous sont édifiés sur un plan différent avec un jardin d'agrément et un grand potager. L'intérieur est aménagé suivant les besoins de l'occupant, la nature de ses blessures et le nombre de ses enfants.
Chaque pavillon porte le nom d'un maréchal ou d'un général qui commanda sur le secteur de Neuville pendant la guerre: BYNG (général britannique commandant le Corps canadien, qui enleva la crête de Vimy), GOURAUD, DE MAUD'HUY, BARBOT, MANGIN, FOCH, JOFFRE, PETAIN, BALFOURIER, BERTHELOT, FAYOLLE, DE CASTELNAU, POUYDRAGUIN; un pavillon porte le nom de LA MADELON, un autre OISEAU DE FRANCE: nom d'un journal paraissant en zone occupée.
Au milieu de la Cité le foyer des mutilés hébergeait les familles venues se recueillir sur les tombes de leurs proches.
La Cité longe la rue du 11 novembre où 52 arbres (à l’époque des érables offerts par le Canada, aujourd’hui des sorbiers) rappellent le souvenir des 52 enfants du village tombés au champ d’honneur.
Le hameau de la Targette doit son appellation à une très vieille habitude. En effet, pour se rendre à Arras écouler leurs produits au marché, les agriculteurs et commerçants neuvillois empruntaient, à pied, l’actuel chemin départemental n°937.
Au retour, fatigués et assoiffés par le long trajet pédestre, vendeurs et acheteurs faisaient une pause au premier café neuvillois situé sur leur route, donc celui du carrefour de l’ancienne route nationale 37 (actuelle D937) et du chemin départemental n°55.
Mais, dès leur arrivée chez eux, ils recevaient immanquablement cette remarque patoisante de la maîtresse de maison :
« T’as r’fais in’n pétite attargette ? ».Par aimable habitude, le café en cause prit l’enseigne de « l’Attargette », déformé par le langage populaire en « La Targette », nom dont le hameau neuvillois héritera définitivement par la suite.
Une rue de Neuville-Saint-Vaast porte ce nom qui paraît, aux yeux des nouveaux habitants, ridicule ou même infamant.
Il n’en est rien, car voici l’origine de cette appellation : bien avant la Grande Guerre de 1914-1918, les gens allaient à pied à Arras pour s’installer sur le marché.
Venant de Givenchy-en-Gohelle, ils empruntaient, chaque semaine, la dite rue, le chemin d’Arras, portant le ballot de marchandises sur leur épaule.
Au fil du temps, les Neuvillois finirent par les surnommer «les balloteurs», puis, le patois aidant, «les balloteux», d’où l’appellation «chemin des balloteux» donnée à cette rue, fréquemment utilisée par eux.