Patrimoine & Mémoire
Village de l'Artois · entre Arras et Lens · Pas-de-Calais
« Resurgam » Je ressusciterai
découvrir↓Six cimetières de Neuville-Saint-Vaast sont inscrits au patrimoine mondial parmi les « sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale (front Ouest) ».
Voir les sites inscrits →De la cité gauloise au village d'Artois, une histoire millénaire marquée par la résilience.
On trouve, sur le territoire de Neuville-Saint-Vaast, d'antiques fondations, des caves et des souterrains aux lieux-dits « l'allemand » et « les écouloirs ». Dans l'ancien bois se trouvaient de grandes fosses circulaires, dites « fosses à loups », probables emplacements d'habitations ou d'oppida celtiques.
Un souterrain à plusieurs ramifications, refuge pour la population en cas d'alerte, fut creusé à 8 mètres du sol. Sa galerie centrale, longue de près de 2 km et voûtée de pierres blanches, menait de la ferme de l'abbaye à un moulin au bout du « Chemin Creux ».
La Grande Guerre, en rasant le village complètement, a détruit la quasi-totalité des vestiges de cette histoire ancienne.
Jadis appelé « Novavilla », puis « Neuville-l'Égalité » pendant la période révolutionnaire, le village fut fondé autour de l'église des moines de Saint Vaast, à qui il fut en partie donné dès l'an 870 par Hincmar, Archevêque de Reims.
Ses habitants, adonnés aux travaux des champs sur un sol fertile, vivaient dans des maisons aux façades en pierres blanches du pays, en paix dans un « individualisme familial » typique de ces foyers ruraux d'Artois.
Pourtant, à la fin du IXe siècle (vers 880), les Normands ravagèrent la région ; la tradition locale les fait venir par le « Saut du Ravage » — une histoire de destruction et de renaissance que le XXe siècle allait répéter tragiquement.
Le blason de la commune est formé de gueules au chevron cousu d'azur, accompagné en pointe d'un phénix sur son immortalité d'or. La croix de guerre 1914-1918, d'abord placée dans l'écu sur un franc-quartier d'azur, est aujourd'hui suspendue sous l'écu.
Le blason communal, composé par Ernest Petit, date de 1921. À sa base, l'inscription : 9 mai 1915, Resurgam ! (Je ressusciterai !). La date du 9 mai 1915 est celle du début de l'offensive d'Artois, qui allait libérer le village au prix de sa complète destruction.
Les monuments commémoratifs et les cimetières militaires conservent le douloureux souvenir des soldats morts sur le sol de la commune.
« 9 mai 1915 — Resurgam ! »
« Les fiers culs de Neuville » — voilà comment les habitants de Neuville-Saint-Vaast sont appelés dans toute la région. Ce surnom reflète un certain orgueil lié à une ancienne coutume.
Il fallait autrefois, pour obtenir la main d'une Neuvilloise, posséder un cheval blanc. C'est à cette seule condition que les parents de la jeune fille acceptaient le mariage.
Si vous prêtez attention, beaucoup de maisons portent une date située entre 1920 et 1930. Certaines façades en pierres ont aujourd'hui une valeur architecturale reconnue.
Le clocher de l'église, haut d'une quarantaine de mètres, s'aperçoit de très loin et se reconnaît aisément avec son petit clocheton. Les flammes du vitrail qui appellent le martyre de saint Laurent — saint patron de l'église — se mettent à briller au soleil de l'après-midi.
La rue du Canada mène au mémorial canadien de Vimy, au nord de la commune : cette terre sacrée où chaque arbre représenterait, dit-on, un soldat mort pour la liberté du peuple français.